A l'issue des travaux de désamiantage, l'ensemble des bâtiments de Jussieu sera totalement mis aux normes de sécurité incendie et rénové. Des travaux provisoires de mise en sécurité incendie ont toutefois été menés sur l'ensemble du campus en attendant la livraison de bâtiments répondant aux normes actuelles.
Une grande partie des bâtiments du campus était protégée du feu par le revêtement d'amiante. En effet, les flocages d'amiante projetés sur les structures avaient pour fonction d'allonger la durée de stabilité de l'ossature en cas d'incendie et de permettre l'évacuation du public. Une fois l'amiante retiré, cette protection au feu n'est plus assurée. Il est donc nécessaire de remplacer l'amiante par un autre produit. En outre, la tenue au feu des structures métalliques extérieures (ensemble poteaux-poutres) est très insuffisante et les façades d'origine ne sont pas conformes aux normes de sécurité incendie actuelles.
Les barres de Cassan, ou bâtiments A, B, C et F, ne contiennent pas d'amiante. Cependant, elles présentent des non-conformité en termes de sécurité incendie. Certaines ont été traitées de façon provisoire lors de la campagne de travaux qui a été menée sur l'ensemble du campus de 2002 à 2004.
Suite à des études de diagnostics de sécurité incendie réalisées en 2007, elles ont fait l'objet de schéma directeur de mise en sécurité validé par la Préfecture de Police. Après une première campagne de travaux conservatoires à mener avant 2011, elles feront l'objet de travaux de mise en conformité après réalisation d'études de programmation et de faisabilité en 2009.
Réalisée progressivement, la mise en sécurité de l'ensemble du campus sera totalement effective une fois les opérations de désamiantage et de rénovation terminées. En parallèle, des mesures provisoires visant à améliorer le niveau de sécurité incendie ont été mises en oeuvre depuis 2001 sur les bâtiments non encore rénovés.
Une première phase de travaux provisoires a été engagée courant 2000. Ces mesures d'urgence achevés à l'été 2001 ont consisté à la mise en place :
d'un poste centrale de sécurité incendie (PCSI) rotonde 14,
d'une alarme incendie dans toutes les barres (la centralisation au PCSI a eu lieu l'année suivante)
mise à l'abri des fumées des escaliers de toutes les rotondes (lanterneaux de désenfumage au sommet de chaque rotonde et de portes coupes feux à chaque niveau),
d'un éclairage de sécurité dans les circulations des rotondes
Par ailleurs, les éléments vitrés entre les deux escaliers de chaque rotonde ont été supprimés. En parallèle à ces travaux menés par l'EPA Jussieu, les universités ont procédé à la mise aux normes de l'éclairage de sécurité des escaliers et des rotondes ainsi qu'à la mise en place d'escaliers de secours métalliques supplémentaires provisoires en rotonde 32 et 34.
Suite à la décision du Tribunal administratif de Paris rendue en novembre 2001, un diagnostic a été effectué sur la sécurité incendie des bâtiments encore non rénovés.
La commission de sécurité de la Préfecture de Police a confirmé en mai 2002 le maintien en activité du campus sous condition de la mise en oeuvre d'un ensemble de mesures provisoires venant compléter celles déjà réalisées. Les différentes mesures ont été répertoriées en 8 dossiers :
la tenue au feu des bâtiments,
la centralisation des alarmes,
les installations électriques,
les effectifs et les dégagements,
le stockage des produits dangereux,
le poste central de sécurité incendie,
le parc de stationnement,
le traitement global des sous-sols.
Ces travaux ont été pilotés conjointement par les trois établissements du campus, l'EPA Jussieu ayant assuré, à la demande des tutelles, la maîtrise d'ouvrage d'une grande partie. Ils ont permis de résoudre ces problèmes de sécurité incendie et ont été validés par la commission de sécurité de la Préfecture de Police en octobre 2003. Aucune solution provisoire n'ayant été trouvée pour la Tour centrale, celle-ci a été fermée en octobre 2003.
La peinture intumescente
Cette peinture gonfle lors de la montée de température et forme une croûte autour des poteaux ce qui les renforce.
Le procédé a été utilisé sur les rotondes 65 et 66 ainsi que sur les façades des barres 46-56 et 56-66 donnant sur la rue Jussieu. Il n'a pas été retenu sur l'ensemble du campus car, non seulement un décapage préalable est nécessaire à la mise en place de la peinture, mais la dernière couche doit aussi être renouvelée tous les dix ans pour assurer une protection optimale, ce qui entraîne une maintenance lourde pour les universités.
L'encoffrage de plâtre
Les façades de la barre 65-66 ainsi que celles des 7 barres du secteur des théoriciens, donnant sur les patios intérieurs, ont été avancées. Cette technique a permis d'encoffrer les poteaux porteurs dorénavant situés à l'intérieur du bâtiment et de garantir leur stabilité au feu. Toutefois, cette solution n'a pas été retenue sur l'ensemble du campus car elle ne respecte pas les façades d'origine.
Le système de contre poteaux
Ce système a été testé lors de la rénovation de la troisième tranche de travaux du secteur 1 sur les façades qui n'ouvrent pas sur des patios. Il sera mis en place sur l'ensemble des barres du secteur Ouest et permettra de conserver l'aspect architectural initial : des poteaux porteurs supplémentaires sont placés à l'intérieur des bâtiments et sont protégés du feu par un encoffrement de plâtre. Les charges étant transférées aux nouveaux poteaux, les poteaux métalliques d'origine ont uniquement une fonction esthétique.
Avec la phase de rénovation définitive, les bâtiments doivent atteindre le niveau de sécurité incendie requis pour tout "Etablissement Recevant du Public" ou ERP : à savoir assurer dans de bonnes conditions la détection du feu et l'avertissement des occupants, fournir les moyens suffisants pour assurer l'évacuation, garantir la stabilité au feu du bâtiment le temps nécessaire à l'évacuation, enfin éviter la propagation du feu.
Un système d'alarme centralisé ainsi que de nouveaux escaliers sont mis en place au fur et à mesure des travaux de rénovation. Les escaliers sont encloisonnés indépendamment, équipés de portes pare-flamme à fermeture automatique et de clapets de désenfumage en partie haute. Les rotondes deviennent uniquement des espaces de circulation dotées de colonnes sèches et de robinets d'incendie.
Des indications visibles de jour comme de nuit sont disposées dans l'ensemble des bâtiments pour permettre l'évacuation du public. Les plans et consignes de sécurité sont affichés à tous les niveaux des barres et rotondes, à proximité des issues de secours.
Des parois coupe-feu équipées de portes pare-flammes sont installées en milieu de barres, pour éviter une diffusion horizontale du feu. Tous les planchers sont rendus coupe-feu pour éviter une propagation verticale à l'intérieur du bâtiment. Les façades des barres sont rénovées pour que les flammes n'atteignent pas l'étage supérieur par l'extérieur.
Le Gril est une structure composée de poteaux et de poutres métalliques qui doivent résister au feu suffisamment longtemps pour permettre l'évacuation des personnes et l'arrivée des secours. La règle pour les bâtiments accueillant du public prévoit une tenue au feu d'au moins 90 minutes.
Structures intérieures
Le flocage d'amiante est remplacé sur les poutres par un produit pâteux non fibreux à base de vermiculite et de plâtre.
Structures extérieures
La stabilité au feu des poteaux situés à l'extérieur des façades des bâtiments de Jussieu a été l'un des problèmes majeurs de la mise en sécurité incendie des barres du secteur 1. Trois méthodes ont été testées sur les façades :
la peinture intumescente,
l'encoffrage de plâtre,
le système de double poteaux.
C'est le système de double poteaux qui sera mis en place sur l'ensemble des barres du secteur Ouest, permettant à la fois de stabiliser les poteaux extérieurs et de conserver l'aspect architectural d'origine.
Dans les locaux non rénovés, les activités de recherche, d'enseignement et administratives sont imbriquées dans les barres.
Un nouveau principe de répartition des activités dans les barres rénovées a été établi :
étages 4 et 5 : laboratoires lourds et salles de TP humides
étage 3 : étage intermédiaire affectable à tout type d'activité.
étages 1 et 2 : salles d'enseignement banalisées, bureautique et TP secs.
Les effectifs les plus nombreux sont accueillis dans les premiers étages desservis par des escaliers de secours supplémentaires.
L'installation des laboratoires dans les étages supérieurs répond à des exigences de sécurité :
les locaux sont mieux protégés des intrusions,
les gaines d'extraction d'air et réseaux divers de gaz sont installés uniquement aux niveaux des laboratoires.
Création de locaux « à risques »
Les produits inflammables, chimiques ou toxiques, doivent être entreposés dans un local spécifique pour chaque service dès lors que la quantité dépasse les seuils autorisés. Ces locaux sont disposés en façade des bâtiments comportant une partie vitrée. Ils sont équipés d'une ventilation haute et basse permanente ; les parois de ces locaux sont coupe-feu.
Repenser le socle
Le socle constitue un élément majeur de la rénovation du campus. Constitué des niveaux sous-sol, Saint Bernard (RDC) et dalle, il compte des surfaces importantes utilisées par les UFR, les laboratoires de recherche et les bibliothèques rénové en vue d'accueillir un grand nombre de fonctions transversales communes au futur campus : scolarité, maison des étudiants, point restauration, musée, amphithéâtres.
Les principes d'amélioration retenus sont :
cheminement des usagers et des véhicules
l'apport d'éclairage naturel
le traitement de l'air.